Bienvenue à bord.
Ambiance croisière
de grand luxe,
comme on l’imagine
du moins, au cœur
d’un paquebot de la Broute où l ’atmosphère
respire l’odeur du cuir
et où le service se plie en
quatre afin de couvrir
(presque) tous les désirs de
l’automobiliste.
Ce n’est plus
une voiture, c’est un véritable
bâtiment pour le grand large
avec toutes les fonctions imaginables,
jusqu’à la réception
de la télévision numérique à
l’avant comme à l’arrière. Autant
dire que la flotte de la Série
7, que le constructeur munichois
vient de porter à son
plus haut degré d’achèvement,
fait aussi office de vitrine
d’une entreprise très engagée
dans la marche en avant
de la technologie.
Face à de redoutables
concurrents, pas moins bien
lotis en bonnes manières
(Audi A8 et Mercedes classe S
notamment), la figure de
proue de BMW revient à la
charge pour tracer un sillage
encore plus large. Son empreinte
sur les flots du luxe et
de l’ultraconfort, elle compte
l’imprimer grâce à un style révisé
autant qu’à des moteurs
rendus plus performants.
Cette escalade au raffinement
ne concerne certes que
quelques centaines de privilégiés
mais en dit long sur la
marge de manœuvre de l’industrie
automobile et tout particulièrement
sur les capacités
de la marque allemande à produire
des modèles hors
normes.
Une limousine
au contenu
sidérant,
sous
forte emprise de
l’électronique
Surprenante lors de son lancement,
qui marquait le coup
de patte du designer Chris
Bangle, le fleuron de la gamme
BMW revient à des lignes
moins avant-gardistes. Du capot
plus bombé à la malle
moins redressée, la nouvelle
Série 7 arrondit les angles.
La
version longue (+ 14 cm sur la
base déjà respectable de
5,04m) prenant alors un véritable
profil de paquebot. Les
feux stop bi-intensité, pour
souligner le freinage d’urgence,
apportent un plus en
matière de sécurité.
D’emblée, l’intérieur digne des meilleurs salons avec cuir
fauve et bois précieux, signe
l’accès à un cadre raffiné où
l’on se sent presque gêné de
pénétrer sans patin...
Au tableau
de bord, à la droite des
deux seuls cadrans qui regardent
le volant, l’écran de visualisation
du système iDrive,
le gros cerveau électronique,
affiche une incroyable quantité
d’informations. Commandée
par un volumineux bouton
central, en lieu et place du
levier de vitesse qui s’est évanoui,
l’intelligence d’un méga
ordinateur dirige toutes les
manœuvres. Conçues pour
tomber sous le sens, sur le
mode intuitif, les opérations
demandent toutefois un apprentissage
certain de la logique
de ce computer aux
400 fonctions. Il gouverne tous
les champs de réglages et de
contrôle des choix, jusqu’à la
gestion fine de la climatisation
par zone. Tout un programme...
Mais c’est encore en action
que cet impressionnant calibre
cause le plus d’impression.
Au sein de la panoplie
des six motorisations à disposition,
dont cinq nouveaux (de
445 ch pour le V12 essence de
la 760i à 231 ch de la 730d) la
puissance a été systématiquement
améliorée. Pour quel
usage ? «L’agrément, tout
bonnement», réplique-t-on
dans les rangs d’une maison
qui soigne aussi les postes de
la consommation et de la pollution.
Le V8 essence (750i,
367 ch, et 740i, 306 ch) porté
de 4 à 4,8 l de cylindrée tout en
gagnant en couple (+ 9 %) serait,
avec une conso moyenne,
stabilisée autour de 11 l aux
100, le moins bien servi par le
progrès.
En regard, le V8 diesel
4.423 cm3 de 745d prend un fameux
coup de pouce pour atteindre
300 ch et un couple de
700 Nm tout en se montrant
moins gourmand que le précédent
(9,5 l). L’introduction
d’un carter en aluminium, de
la technologie piézo-injection qui accroît la précision de l’alimentation
et l’adoption du
filtre à particules sans entretien
amène en regard le nouveau
six cylindres de la 730d à
des scores remarquables
(231 ch, 520Nm à 2.750 tr/mn
et 8,2 l aux 100). De retour à la
pompe on n’ose évoquer le fin
du fin, le V12 de 6 l de la 760i
(445 ch, 600 Nm) pour nababs
et autres princes jamais regardants,
dit-on.
Un rêve de docilité
et d’onctuosité
Quand on s’adresse à des usines à gaz pareilles il devient
quasi superflu de vouloir dresser
le tableau du comportement
routier. Bien que dimensionnés pour tailler
l’autoroute, d’une capitale à
l’autre en prêtant grande attention
au passage devant le
radar, ces vaisseaux se tirent
d’affaire sur des chaussées
moins accueillantes grâce en
particulier aux nouvelles
configurations d’amortissement
comprenant une retouche
des suspensions et au
besoin le recours au dispositif
Adaptive Drive à variation
continue. Autant dire que le
bitume devient alors aussi
lisse que le tapis d’un billard au cours d’une montée en régime
docile et silencieuse.
Un
rêve d’automobile, l’angoisse
de la facture en moins.
Le conducteur serait porté à
estimer qu’il n’en faut pas plus
pour un bonheur complet au
volant. A hauteur de 71.000 €
prix d’accès à 730d, le modèle
le plus « couru », profite d’un effort louable de dotation
(projecteur bi-xénon, rétros
autochromes, etc.) au sein
d’un épais catalogue d’options.
Que retenir de la présentation
d’une collection de voitures
d’exception de cette
trempe qui fait un tabac aux
USA et en Asie ? Apparemment
le haut de gamme
conserve le vent en poupe auprès
d’une clientèle qui garde
le goût pour la belle mécanique.
En second lieu, les bureaux
d’étude disposent de
ressources pour maintenir
l’attrait et offrir des solutions
de plus en plus élaborées.
Enfin
il est à souhaiter que les
avancées du progrès, dont bénéficient
ces versions statutaires
de patrons, gagnent la
grande série. Le haut de
gamme diffusant de la sorte
ses bienfaits dans les rayons
inférieurs.