ESSAIS AUTOMOBILES

Subaru XV : il abuse de mélanges chaud-froid


Subaru s’invite sur un marché surchargé, celui des SUV. Avec un XV, au look typé mais au bilan finalement mitigé.
C’est comme le sucré salé. On risque d’en décevoir certains. Pour le nouveau Subaru XV, son truc à lui c’est plutôt le chaud-froid. Les températures sont même polaires au premier tour de clé. Le Boxer turbo diesel quatre cylindres à plat cher à Subaru émet, sans vergogne, une sonorité de… camionnette. Heureusement, le temps que le bloc monte en température et cette mauvaise surprise s’atténue.
Lancé dans le flot de la circulation, ce SUV devient alors plus éduqué et se découvre rapidement tonique. Pour cela, il suffit d’éviter les sphères les plus basses du régime moteur en tombant un voire deux rapports. Vers les 2.000 tours, il régale presque. Les accélérations sont franches, les dépassements s’opèrent facilement. Bref, les 147 chevaux sont bien tous à disposition.
22 centimètres de garde au sol
Et l’architecture très compacte de ce moteur qui limite les vibrations et permet d’abaisser le centre de gravité de l’auto n’est pas son seul avantage. Avec 6 litres de moyenne à l’ordinateur de bord, le Subaru XV maîtrise son appétit tout en proposant une transmission intégrale permanente (de série). Dommage, au final, que l’on soit privé de Stop and Start.
Un mauvais point en ville où le Subaru est moins à l’aise. La position de conduite un peu surélevée reste un atout. La bonne maniabilité également. Mais, pour le reste, nombreux pesteront sur cette commande de boîte accrocheuse et sur ces accélérations à petite vitesse qui restent trop audibles.
Avec 22 centimètres de garde au sol, le XV peut toutefois facilement battre la campagne. La route rejoignant les chemins creux aura mis en avant un comportement sain, une direction précise et un confort d’amortissement globalement bon. Pas de quoi s’enflammer, toutefois, la maîtrise des mouvements de caisse n’étant pas au niveau d’un Ford Kuga par exemple.
Petit coffre et un habitacle sévère
Ce chaud-froid se retrouve à l’inspection de l’habitacle. Si l’on doit reconnaître que la partie supérieure de la planche de bord use de plastiques moussés, l’ensemble, tout noir, s’avère assez sévère. Amateur de design et de fioritures, passez votre chemin. Après, il y a assez de blocs de rangement et l’habitabilité est bonne, même sur la banquette arrière. Mais voilà que le mercure rechute brutalement lorsque l’on soulève le hayon. La hauteur de chargement sous le cache bagages est limitée et la contenance de la malle vraiment comptée. Face aux 380 dm3 du japonais, Volkswagen Tiguan, Kia Sportage (de la même taille) et Renault Koleos (8 centimètres plus grand) naviguent loin devant.
Proposé à partir de 24.900 € en essence 115 chevaux, le Subaru XV est bien équipé dès l’entrée de gamme avec, notamment, une caméra de recul de série. À 30.000 € en diesel, la concurrence est rude et présente sur le marché depuis nettement plus longtemps.
Emmanuel Brun

Prix : à partir de 29.900 € (malus éco. de 200 €).
Moteur : 4 cylindres 16 S TD de 1.998 cm3. Puissance : 147 ch. 146 gr CO2/km. Consommation (constatée) : urbain 7,5 l, extraurbain 6 litres. Vitesse max. : 198 km/h. 0 à 100 km/h : 9,3 s. Boîte de vitesses manuelle à 6 rapports.
Pratique : Lxlxh (m) : 4,45x1,78x1,57. Coffre : 380 à 1.270 dm3. Poids : 1.440 kg.
Les + : Moteur sobre et sans vibrations, habitabilité, look un peu différent.
Les - : Diesel sonore et creux à bas régime, boîte de vitesses accrocheuse, coffre.
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