ESSAIS AUTOMOBILES

Subaru Forester : le quatrième de sa génération


Et si c’était lui, le meilleur exemple au lendemain de la Saint-Valentin. Peut-être pas très charmeur, le japonais ne décevra pas en vue d’une histoire au long cours.
Le coup de foudre ? On en rêve, le fantasme, l’attend presque désespérément, préférant écourter quelques belles rencontres et histoires potentielles. Et lorsqu’il arrive, enfin, cela fait, parfois, souvent, pschitt. La belle affaire ! Nous voilà déçu, trompé, amer.
Le Subaru Forester, qui en est aujourd’hui à sa quatrième génération, n’est assurément pas de cette trempe-là. À côté des Toyota Rav 4 et Suzuki Vitara, il a bien lancé la mode des crossovers. Mais, promis, il n’en deviendra pas une victime. À voir sa ligne très classique presque taillée à la serpe par endroits, ses larges surfaces vitrées un peu datées, facile de constater que, lui, ne vogue pas sur les tendances. Il laisse, volontiers, artifices et colifichets qui attirent les yeux, aux Kia Sportage, Ford Kuga et consorts. Même sentiment à la découverte de l’habitacle paré de sobriété et de couleur noir.
À tous ces SUV beaux gosses, le Forester rend la monnaie de sa pièce lorsque l’on rentre dans le dur. Lorsqu’il s’agit de vraiment compter sur son partenaire, le japonais répond présent grâce, tradition maison, à sa véritable transmission intégrale permanente. Doté d’une garde au sol de 22 centimètres, celui qui laisse à tous les autres une simple version deux roues motrices, se tirera promptement de plusieurs mauvais pas.
À partir de 29.900 €
Et puis, lui seul, cache une exclusivité, une vraie. Son moteur diesel de type “Boxer” à cylindres à plat. Oui, ne cherchez pas, c’est l’unique diesel au monde avec cette architecture spécifique, synonymes de très faibles vibrations - que l’on ne ressent, du coup, plus du tout dans l’habitacle - et d’un centre de gravité abaissé profitable au comportement routier. Mais nul n’étant parfait, ce bloc de 147 chevaux privé de Stop and Start déteste les bas régimes, n’hésitant pas à caler lorsqu’on en abuse. Un petit travers du quotidien atténué par une force bien présente permettant de relancer et doubler en toute sécurité et une sobriété oscillant de 6,5 litres à plus de 8 litres selon le rythme choisi hors des villes.
Car le Forester n’est décidément pas un dandy. Il est même à mille lieues d’un Renault Koléos. Là où beaucoup de sa classe pêchent par un comportement un peu empoté, pénalisés par un amortissement trop souple et/ou un train avant un peu faiblard, lui dévoile certains charmes lorsque la route devient plus tourmentée. Stable dans son caractère, monsieur vire à plat, reste précis, tout en préservant un confort de roulement plus qu’honnête pour toute la famille.
Voilà un dernier point sur lequel ce partenaire, bien équipé en plus, sera conciliant et arrangeant. Il n’y a qu’à regarder sa bonne habitabilité aux places arrière, sans oublier son coffre, aujourd’hui plus généreux de 12 %.
Sa dernière revanche se situe au niveau du porte-monnaie. Le Forester s’affiche ainsi de 29.900 € à 33.900 € avec ce diesel, un niveau presque calé sur un Nissan Qashqai moins puissant et inaccessible à un Volkswagen Tiguan de puissance équivalente.
Emmanuel Brun

Prix : à partir de 29.900 € (malus éco. 400 €).
Moteur : 4 cylindres 16 S Boxer TD de 1.998 cm3. Puissance : 147 ch. 150 gr CO2/km. Consommation (construc-teur) : urbain 7 l, extra-urbain 4,9 litres. Vitesse max. : 190 km/h. 0 à 100 km/h : 10,2 s. BVM6.
Pratique : Lxlxh (m) : 4,60x1,80x1,70. Coffre : 505 à 1.592 dm3. Poids : 1.540 kg.
Les + : qualités routières, polyvalence, prix, diesel sobre et vigoureux, équipement.
Les - : ligne très banale, moteur creux en bas régimes et sans Stop and Start, finition quelconque.
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