ESSAIS AUTOMOBILES

Renault Zoé : Renault sonne la charge


Renault l’avait annoncé. Zoé l’a fait. Même si son utilisation reste encore limitée, avec la citadine française, c’est un peu l’an II de la voiture électrique.
Pour qui ? Maintes fois retardée, la Zoé arrive en concessions cette semaine. Avec son autonomie encore limitée (entre 100 et 150 kilomètres selon le style de conduite et les conditions de route), la première voiture électrique de Renault est majoritairement destinée à rester une seconde voiture. Elle vise un acheteur possédant un pavillon équipé d’un point spécifique où il pourra recharger son véhicule. Cela car les bornes de recharge publiques restent rarissimes et, surtout, car il est impossible de recharger la française sur une prise domestique ordinaire avec un bout de rallonge électrique.
Silencieuse, nerveuse et ferme
Quid de la recharge ? C’est la première mauvaise surprise. Renault oblige à installer chez soi une borne spécifique appelée « wallbox ». Et si le câble de branchement est fourni gratuitement, cette borne, elle, coûte 490 €, auxquels il faudra rajouter… les frais d’installation de 370 €, au minimum. Selon la puissance de la borne de recharge (de 3 à 43 kW), le temps pour regonfler les batteries au lithium-ion variera de 30 minutes à 1 heure pour retrouver 80 % de la charge et jusqu’à 6 à 9 heures. Prix de la recharge : moins de 2 €.
Quel prix justement ? Le superbonus de l’État de 7.000 € étant passé par là, la Zoé coûte, au final, 13.700 € en entrée de gamme, soit l’équivalent d’une Clio essence. Outre le prix de la wallbox, il faudra rajouter 79 € mensuellement qui correspondent à la location des batteries. Renault y inclut une assistance 24H/24 en cas de panne lorsque les batteries sont complètement déchargées et garantie, à vie, les batteries, qui seront changées en cas de problème. Avantage des voitures électriques, privées de boîte de vitesses, d’embrayage, etc., ne nécessitant pas de vidange, elles promettent des coûts d’entretien moindre - de l’ordre de 20 % selon Renault - par rapport à un modèle thermique.
À vivre. La Zoé ringardise les premiers modèles électriques sortis (Citroën C-Zero, Mitsubishi i-Miev, voire Nissan Leaf, etc.). Proposée à un prix enfin accessible, forte d’une ligne séduisante, elle est une véritable auto utilisable au quotidien. Les près de 300 kilos de batteries étant logés sous les assises, le coffre est généreux. À l’intérieur, si l’habitabilité est comptée à l’arrière et les plastiques guère plus flatteurs que sur la Clio IV, la Zoé avance un habitacle clair et épuré. On retrouve l’intuitif écran multimédia de l’actuelle Clio. Et, au fil des trois niveaux de finition, on dispose d’un GPS, de la clé mains-libres ou de la caméra de recul.
À son volant. Et bien c’est que du bonheur. Silencieuse, nerveuse puisque le couple est immédiatement disponible, dotée d’une direction franche et précise, la Zoé se faufile partout et n’a vraiment pas à rougir de ses performances. Une petite mélodie indiquant qu’on a démarré le moteur, un très léger sifflement, voilà ce que l’on entend à bord de la Renault. De plus, jusqu’à 30 km/h, une sonorité extérieure à le rôle d’alerter les piétons. Et si elle est ferme en amortissement, cette citadine est vraiment agréable à conduire. Dernière précision, à chaque parcours d’essai, elle a respecté à la lettre les autonomies annoncées par l’ordinateur de bord.
Emmanuel Brun

Prix : à partir de 20.700 € (bonus éco. 7.000 €).
Moteur : électrique. Puissance : 88 ch. 0 gr CO2/km. Autonomie : 150 km. Vitesse max. : 135 km/h. 0 à 100 km/h : 13,5 s.
Pratique : Lxlxh (m) : 4,09x1,73x1,56. Coffre : 338 à 1.225 dm3. Poids : 1.468 kg.
Les + : prix d’accès, autonomie annoncée respectée, design, équipement, comportement routier.
Les - : impossible de la brancher sur une prise classique, autonomie encore limitée même si elle progresse par rapport aux autres modèles électriques, carrosserie très exposée aux chocs.
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