ESSAIS AUTOMOBILES

Renault Captur : exhausteur de concurrence


Le constructeur français sort son premier SUV compact. Une première séduisante, habitable, bien posée sur la route et au prix ciblé.
L’été, il faut être vu à Saint-Tropez ou Ibiza. Pour la mode, Paris et Milan restent incontournables. En ce qui concerne les voitures, le créneau tendance du moment à ne pas rater, c’est celui des SUV compacts. Nissan l’avait senti dès 2010 en sortant son osé Juke.
Face aux carnets de commandes bien remplis du constructeur japonais, tous s’engouffrent aujourd’hui dans la brèche, des petits nouveaux comme Peugeot avec son 2008 et Chevrolet avec son Trax, aux déjà établis Opel Mokka voire Mini Coutryman, sans oublier que Volkswagen affûte son Taigun pour 2014.
La meute s’enrichit aujourd’hui d’un sérieux prétendant : le Captur. Renault, la belle un temps endormie entre un hasardeux Wind ou une très discrète Latitude, semble aujourd’hui bien réveillé. Après une pimpante Clio, une Zoé 100 % électrique globalement réussie, le Losange dévoile un véhicule qui devrait faire tourner les têtes sur son passage. Et ceux qui avançaient que ce Captur serait une simple Clio surélevée en sont pour leurs frais. Certes plateforme et motorisations (du dernier trois-cylindres essence 90 chevaux à partir de 15.500 € au dCi 90 qui démarre à 17.700 €) sont bien identiques mais les différences s’avèrent marquées.
Familial mais mal fini
Celui qui est assemblé en Espagne commence par faire la part belle à la personnalisation. Et la panoplie est déjà riche, du toit biton à 400 € en option (trois teintes disponibles) jusqu’aux housses de sièges zippées lavables et interchangeables à 200 € (huit variantes disponibles) en passant par des jantes alu colorées (400 €).
Un peu frimeur, le crossover compact au galbe sculpté n’oublie pas, pour autant, les bases d’un bon véhicule familial. À commencer par la banquette arrière coulissante (d’un seul bloc toutefois) sur seize centimètres. Le Captur avance aussi un espace aux genoux proche d’une Laguna et offre de larges espaces de rangement (27 litres au total) avec, notamment, une boîte à gants remplacée par un très profond tiroir coulissant. Autre uppercut, directement adressé à un Juke étriqué sur ce point-là, on dispose ici d’un vrai coffre. Dommage que le français se rate franchement sur un point : la qualité, dans une ample majorité, des matériaux utilisés.
Du haut de sa position de conduite surélevée, le conducteur mène sa barque avec aisance. Si ce modèle est nettement moins dynamique que la Clio, aucun tangage excessif n’est toutefois à relever. Avec son turbo-diesel 90 chevaux qui demande à jouer du levier de vitesse pour relancer, le Captur reste facilement en dessous des 5,5 litres de moyenne. Seul point à regretter, le train arrière est ferme sur les reliefs.
Mais le Captur conclut bien. Grosso modo 1.000 € plus cher qu’une Clio, il est mieux placé au niveau prix qu’un 2008 et qu’un Juke. Voilà tout ce petit monde prévenu.
Emmanuel Brun

Prix : À partir de 17.700 € (bonus éco. 200 €).
Moteur : 4 cylindres 8 S TD de 1.461 cm3. Puissance : 90 ch. 95 gr CO2/km. Consommation (constructeur) : urbain 4,2 l, extra-urbain 3,4 l. Vitesse max. : 171 km/h. 0 à 100 km/h : 13,1 s. Boîte de vitesses manuelle à 5 rapports.
Pratique : Lxlxh (m) 4,12x1,57x1,78. Coffre : 377 à 1.235 dm3. Poids : 1.170 kg.
Les + : Look, habitabilité, prix bien placé, comportement routier.
Les - : Finition et trop de plastiques durs, train arrière ferme, diesel un peu juste.
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