ESSAIS AUTOMOBILES

Nissan 370Z Nismo : ce n’est pas que du cinéma


Les cours de cuisine sont à la mode. Le coupé japonais, sur les routes depuis 2009, est mitonné, cette année, à la sauce Nismo, le département sport de Nissan. Un seul mot à retenir : viril.
Des boucliers avant spécifiques ponctués par une lame fine comme un rasoir. Des ailes élargies. Des jantes alu de 19 pouces laissant largement apparaître des étriers de freins rouges. Un aileron surdimensionné, couleur carbone, en guise d’énorme point sur les « i ». La Nissan 370Z Nismo a nombre d’attributs pour s’aligner dans le casting du prochain film Fast and Furious.
Ça donne donc cela, lorsque Nismo, le département sport de Nissan, se penche sur le cas de ce stimulant coupé deux places. Impossible de passer inaperçu. Certains voudront prendre la pose pour une photo. D’autres, demanderont si elle atteint les 300 km/h. Nombreux, vous regarderont sévèrement, faisant comprendre que vous roulez trop des mécaniques.
Seize chevaux de plus, offrant un V6 essence culminant à 344 chevaux, un châssis sport avec des suspensions franchement raffermies et des freins renforcés, voilà, outre le gros kit carrosserie, l’apport de Nismo. Après, vu l’accastillage extérieur, on pourra trouver l’habitacle plutôt sage. Surpiqûres rouges et cadrans sur fond de la même couleur ne font pas oublier que les sièges sport, à réglages électriques, sont recouverts d’un simple tissu.
Virile
Pour avaler les 8.900 € supplémentaires que demande cette 370Z Nismo par rapport à une 370Z en finition “Pack”, il sera bon de se pencher sur la riche liste d’équipements (prise USB, Bluetooth, écran tactile avec GPS, caméra de recul, lecteur de DVD, etc.). N’empêche, à 45.000 € (hors l’énormissime malus de 8.000 €), cette auto reste “accessible” vu son côté racé et ses performances qui commencent à être élevées.
En comparaison, un Porsche Cayman S aux 325 chevaux (voir lechorepublicain.fr), diaboliquement jouissif, efficace et performant, est inaccessible en dessous de 65.000 €. Quant au récent Peugeot RCZ R (notre édition du 2 mars), passé entre les mains de Peugeot Sport, il offre de belles performances et davantage de confort que la japonaise pour un budget comparable, mais tout cela dans un quatre-cylindres de 270 chevaux.
Sous le capot de la 370Z Nismo, un noble V6 donne volontiers de la voix, au démarrage, aux accélérations, même lorsque l’on tombe un rapport, le mode sport entraînant un franc coup de gaz à chaque rétrogradage. Et ce bloc pousse fort. Mais, en chipotant, on attendait presque un coup de fouet supplémentaire bien plus bas dans les tours. Car il faut attendre les 5/6.000 tours pour ressentir la méchanceté de ce V6.
Après, on est bien dans un coupé très dynamique. On est assis bas. On ne voit pas grand-chose dans le rétroviseur à cause de l’imposant aileron. Et puis, les commandes sont viriles. Obligation, ainsi, d’être accroché au levier de vitesses pour bien le manipuler, surtout que le guidage n’apparaît pas parfait. Pas aussi rigoureux et efficace que les deux coupés concurrents cités précédemment, le Nissan 370Z Nismo en est d’autant plus attachant.
Cette propulsion oblige à conduire juste, à doser l’accélérateur avec précision. Faute de quoi, le tableau de bord deviendra une vraie guirlande de Noël avec l’indicateur d’antidérapage sans cesse allumé lors de la moindre sortie de virage prise de façon trop optimiste.
Emmanuel Brun

Prix : à partir de 45.000 € (malus éco. 8.000 €).
Moteur : V6 essence de 3.696 cm3. Puissance : 344 ch. CO2 : 248 g/km. Consommation (constatée) : urbaine 16,2 l, extra-urbaine 11,7 l. Vitesse max : 250 km/h. 0 à 100 km/h : 5,2 s. Boîte de vitesses manuelle à 6 rapports.
Pratique : Lxlxh (m) : 4,41x1,87x1,31. Coffre : 235 dm3. Poids : 1.607 kg.
Les + : plaisir de conduite, look, équipement.
Les - : malus de 8.000 €, V6 pas assez rageur bas dans les tours, habitacle très sage.
Mon compte
Mot de passe oublié Vous inscrire