ESSAIS AUTOMOBILES

Mitsubishi Space Star : un costume probablement trop grand


Connu pour ses SUV et ses gros 4x4, Mitsubishi élargit son offre aux petites citadines. Avec un bilan très mitigé au final.
On peut opter pour le rouge « tango » ou le vert « disco ». Le noir « jazz » figure également sur le nuancier. Mais, parmi les huit teintes de carrosserie disponibles sur cette nouvelle Mitsubishi, c’est plus probablement le bleu… « de chauffe », pour le coup, que la Space Star va devoir arborer. Et avec ardeur car le défi s’annonce compliqué. Sa mission : se faire une place sur le secteur ultra-concurrentiel des petites citadines.
Et celle qui s’intercale en taille entre une Renault Twingo de 3,60 mètres indétrônable face aux affûtées Kia Picanto, Volkswagen Up !, Fiat Panda, etc. et une Nissan Micra pas idéale de 3,78 mètres ou une tentante Suzuki Swift de 3,85 mètres n’a peut-être pas le costume du parfait agent secret pour parvenir à ses fins. Le style de la Space Star assez passe-partout - cette auto construite en Thaïlande est destinée à séduire toute la planète, notamment les marchés émergents - promet, en effet, d’avoir du mal à accrocher les regards. Mitsubishi a beau se targuer d’un très bon coefficient de pénétration dans l’air, faire chavirer les cœurs de la gente féminine s’annonce compliqué à force de rondeurs trop marquées.
Au volant, la même impression domine. Pour imager, la japonaise s’inspire davantage d’un Mister Bean gauche à souhait que d’un Daniel Craig impeccable et efficace pour jouer le rôle du parfait 007. Pêle-mêle, la finition tire vraiment vers le bas de gamme, les sièges manquent clairement de maintien, la direction frôle l’erreur de casting tellement elle est floue quand la prise de roulis vire au cauchemar. On regagne donc bien volontiers les espaces urbains au volant de cette Space Star. Là, son rayon de braquage, sa maniabilité et son petit gabarit font merveille. Pourvu que l’on reste dans les bas régimes, on oublie également les envolées (peu) lyriques du petit trois-cylindres lorsqu’il est en charge.
Plutôt confortable mais trop de roulis
Reconnaissons toutefois que si la boîte de vitesses accroche un peu, le moteur est à féliciter pour sa sobriété. Envisagez entre 5 et 5,5 litres de moyenne avec le bloc le plus puissant de 80 chevaux est tout à fait possible. Bien aidé par le poids très contenu de l’auto, il n’est, également, pas foncièrement anémique.
Malheureusement disponible uniquement en finition haut de gamme richement dotée (caméra de recul, GPS avec fonction mains libres et reconnaissance vocale), ce modèle, affiché à 13.990 €, apparaît très loin du prix d’appel avec le trois-cylindres 1 litre de 71 chevaux fixé à 9.690 €. Débourser 10.890 € est toutefois conseillé afin de disposer de la fermeture centralisée, d’une radio avec prise USB, de la climatisation manuelle et, surtout, d’un Stop and Start. Ce qui la place, grosso modo, au niveau d’une Chevrolet Spark qui a construit une bonne partie de sa réputation sur ce critère du budget.
Alors que l’on salue le confort d’amortissement et la bonne habitabilité (même à l’arrière), on se désole de voir comment la caméra de recul a atterri d’une façon aussi maladroite sur le hayon. On n’aurait pas fait pire après un passage dans un centre auto. L’agent Q, le fidèle de James Bond pour ce qui touche aux gadgets ingénieux, n’était visiblement pas de la partie…
Emmanuel Brun

Prix : À partir de 13.990 € (bonus éco. 200 €).
Moteur : 3 cylindres 12 S essence de 1.193 cm3. Puissance : 80 ch. 96 gr CO2/km. Consommation (construc-teur) : urbain 4,8 l, extra-urbain 3,7 l. Vitesse max. : 180 km/h. 0 à 100 km/h : 11,7 s. BVM5.
Pratique : Lxlxh (m) : 3,71x1,67x1,49. Coffre : 235 dm3. Poids : 845 kg.
Les + : Habitabilité compte tenu de son gabarit, bon confort, moteur sobre.
Les - : Qualité de fabrication, prise de roulis conséquente, moteur 80 ch disponible qu’en finition haut de gamme.
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