ESSAIS AUTOMOBILES

Mitsubishi Outlander PHEV : défricher a toujours un coût


Ce crossover familial avait été pensé, dès l’origine, pour devenir un 4x4 hybride rechargeable. Une première mondiale aujourd’hui concrétisée et appelée à se développer sur tous les nouveaux produits de la marque japonaise.
Ne pas caler sur sa fiche technique. C’est la première chose à faire lorsque l’on découvre le nouveau Mitsubishi Outlander PHEV. Surtout que ce premier SUV hybride rechargeable à transmission intégrale permanente gère, finalement, très bien tout seul le concentré de technologies qu’il abrite. À commencer par ses trois moteurs - un bloc thermique de 120 chevaux sous le capot et deux électriques implantés sur chaque essieu.
Dans les faits, le quatre-cylindres essence sert avant tout à alimenter un générateur qui maintient le niveau de charge des 240 kilos de batteries à, minimum, 30 %. En cas de besoin, pour doubler, par exemple, ou selon le relief de la route, il offre également un surcroît de puissance. Ce sont donc les moteurs électriques, qui font, la majorité du temps, avancer cet imposant SUV familial.
10.000 € de plus qu’un classique diesel
Théoriquement, celui qui annonce un peu plus de 800 kilomètres d’autonomie, peut rouler 52 kilomètres sans brûler une goutte d’essence. Il démarre d’ailleurs systématiquement en mode 100 % électrique. Trois heures trente à cinq heures, sur une prise normale (soit un coût d’1 € à 1,40 €), suffisent à recharger complètement les batteries. Dans la pratique, il faut toutefois avoir le pied droit très léger pour ne pas mettre en route (tout cela de façon quasi imperceptible) le moteur essence.
Sur un parcours urbain et périurbain d’une cinquantaine de kilomètres, avec une conduite assez douce, le japonais, batteries pleines qui ont permis de parcourir 38 kilomètres en 100% électrique, s’est contenté d’une excellente moyenne de 1,9 litre. Dans la foulée, sur un trajet plus accidenté et couvert de façon plus dynamique, la moyenne a facilement grimpé à 11-12 litres. Mais ce n’est pas sur ces rythmes que cet Outlander PHEV est le plus agréable. Son silence de fonctionnement est alors loin, le moteur essence moulinant trop à l’accélération. Et si l’amortissement raffermi permet de contenir la prise de roulis, il offre très peu de confort au passage du moindre relief.
Revenu à des vitesses plus normales, le Mitsubishi peut se contenter d’environ 7 litres. Un bouton permet de recharger les batteries en roulant, mais cela provoque une hausse conséquente de la consommation d’essence. Mieux vaut jouer du frein moteur (six réglages possibles), qui récupère de l’énergie dès qu’on lève le pied de l’accélérateur.
Vendu 10.000 € de plus qu’un Outlander diesel 150 chevaux, ce modèle PHEV est disponible uniquement en finition haut de gamme très bien équipée. À ce prix-là, la qualité globale des matériaux pourrait être plus valorisante. L’intégration des batteries (sous les sièges) étant bien pensée, il réussit, à quelques menus centimètres près, à préserver son habitabilité.
Après, ce baroudeur taillé pour les grands espaces est avant tout particulièrement vertueux sur des petits parcours en milieu urbain. Et à 49.900 € (bonus déduit), il s’adresse à une clientèle motivée par l’argument écologique et moins obsédée par une rentabilité rapide par rapport au surcoût engagé.
Emmanuel Brun

Prix : à partir de 53.900 € (bonus éco. 4.000 €).
Moteur : 4 cylindres 16 S essence de 120 ch+2moteurs électriques de 80 ch. 44 gr CO2/km. Consommation (constructeur) : 1,9 l à 5,8 l. Vitesse max. : 170 km/h. 0à100 km/h : 11 s. Pas de boîte de vitesses.
Pratique : Lxlxh (m) : 4,66x1,80x1,68. Coffre : 463 dm3. Poids : 1.810 kg.
Les + : technologie, silence de fonctionnement en conduite douce, équipement.
Les - : amortissement, prix, surcoût très difficile à amortir.
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