ESSAIS AUTOMOBILES

Mercedes CLA : Une robe finalement lourde à porter


Fuselée, sculptée, cette baby CLS intrigue et attire. Mais, à trop stimuler l’imaginaire, elle place les attentes très haut. Trop, peut-être, laissant, au final, un sentiment mitigé.
« Tac tac badaboum, c’est moi… Je vais te faire l’amour p’tite fille… » On imagine parfaitement cette nouvelle Mercedes CLA “magnifique” asséner ces répliques cultes à la façon d’un Belmondo surjouant avec assurance. Car, forte de son ADN emprunté à sa gracieuse CLS, elle aussi, cherche à frimer voire époustoufler. Elle aussi roule volontiers des mécaniques avec ses courbes sculptées, sa face avant aussi agressive que démonstrative ou son diffuseur arrière provocateur.
Mais se servir de notre “Bébél” national aux 80 printemps fraîchement sonnés pour souligner le côté grande et belle gueule de cette allemande n’est peut-être pas la meilleure idée. Car Mercedes a, là, un but précis : RA-JEU-NIR sa clientèle.
28.700 € minimum
C’est vrai qu’en comparaison, une classique Classe C (4 centimètres plus courte) apparaît, du coup, bien sage. Alors, sûr, cette ambition a de grandes chances d’être couronnée de succès. L’habitacle vise, d’ailleurs, le même but. En résumer, l’ambiance tire volontiers vers le sportif chic que le bourgeois rimant avec froid.
Quand à la changer réellement socialement, cette clientèle, il y a un pas, plutôt une somme. Prix de ce beau bébé qui peut se targuer d’un record mondial en matière d’aérodynamisme et de pénétration dans l’air : pas moins de 28.700 € avec un “petit” 1,6 litre essence turbo de 156 chevaux quand l’unique diesel disponible est inaccessible en dessous de 37.500 € ! Soit, grosso modo, la sphère de prix d’une Classe C.
Et pour ce tarif salé, le client, impeccablement traité aux places avant dignes des classes premium, devra ouvrir les yeux sur une habitabilité comptée aux places arrière. Ici, la CLA cumule les mauvais points. Son profil séduisant de coupé à un revers : une garde au toit limitée. Comptez - maxi - 1,75 mètre pour ne pas avoir le crâne dans ce toit qui chute si rapidement vers l’arrière. Ajoutez à cela un espace aux genoux qui n’a rien de généreux et une sensation globale d’être un peu engoncé entre ces surfaces vitrées très étroites et ces sièges sport avant volumineux. Quant au coffre, il s’avère généreux, mais son ouverture reste étroite.
Reposant sur la base technique de la Classe A, cette berline habillée comme un coupé est globalement desservie par les promesses que laisse entrevoir sa superbe robe. On s’attend à du dynamisme à son volant et l’on retrouve, finalement, un goût un peu aseptisé par la faute d’une direction et d’un train avant légers en ressentis. Testée avec le diesel de 170 chevaux, la CLA n’est même pas loin de décevoir. Couple et sobriété sont bien là, mais le bruit, sans la moindre saveur, l’emporte sur tout. La boîte auto, obligatoire, laisse la même impression, entre quelques lenteurs et une gestion des rapports pas toujours idéale.
L’offre en essence, plus fournie, sera probablement à privilégier. À l’image du 4 cylindres de 211 chevaux (37.900 €) avec qui l’on retrouve du velouté, d’avantage d’allant et, surtout, du silence. Pour finir, cette traction avant, doté d’un bon bagage en équipements technologiques, distille, à la base, un bon confort de roulement. Aussi, à moins d’être un aficionado du genre amortisseur en chêne massif, évitez le châssis sport.
Emmanuel Brun

Prix : à partir de 37.500 € (bonus/malus éco. neutre).
Moteur : 4 cylindres 16 S TD de 2.143 cm3. Puissance : 170 ch. 117 gr CO2/km. Consommation (constructeur) : urbain 5,6 l, extra-urbain 3,8 l. Vitesse max. : 230 km/h. 0 à 100 km/h : 8,2 s. Boîte de vitesses automatique à 7 rapports à double embrayage.
Pratique : Lxlxh (m) : 4,63x1,78x1,44. Coffre : 470 dm3. Poids : 1.525 kg.
Les + : ligne, présentation intérieure, moteurs essence plus convaincants.
Les - : diesel décevant, châssis sport ultra-ferme, visibilité arrière.
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