ESSAIS AUTOMOBILES

Lancia Thema : un pavé italo-américain dans la mare


Se faire une place sur le marché des routières haut de gamme n’est pas aisé. Lancia mixe donc originalité et savoir-faire pour chasser Jaguar XF et Volvo S80. Le résultat est finalement plutôt convaincant.
C’est un costume Versace impeccable porté avec… des santiags. C’est un plat de tagliatelles al dente et ses truffes blanches accompagné… d’un hamburger king size débordant de ketchup. La Lancia Thema, c’est plus de 5 mètres de long, presque 2 tonnes sur la balance et, surtout, une ligne baroque au possible. Épaulement large, ceinture de caisse généreuse, poupe massive taillée à la hache relevée par des feux verticaux, etc.
Fruit du mariage italo-américain Fiat-Chrysler, l’émanation européenne de la nouvelle Chrysler 300 (ex-300 C à la méchante gueule carrée de bad boy) a beau avoir adouci le trait général grâce à une calandre et des boucliers spécifiques moins provocants, elle ne dissimule pas outre mesure sa filiation.
Insonorisation de haute volée
Et c’est tant mieux ! Prendre le risque de ne pas plaire à tout le monde, mérite d’être souligné. Et puis, Lancia ne se voile pas la face. 87 % du marché des grandes routières étant la chasse gardée du trio teuton Audi-BMW-Mercedes, pourquoi ne pas abattre cette carte du haut de gamme… différent.
En plus, au final, cette propulsion respecte nombre des bases de ce segment. En premier lieu, l’insonorisation de l’habitacle est très réussie. Le V6 diesel (de 190 à 239 chev a u x , de 43.900 à 50.900 €), d’origine italienne, sonne juste agréablement à l’oreille lors des relances. Hors des villes, il faudra toutefois tabler sur 8,5 litres de moyenne. Et cela pour le « petit » de 190 chevaux. Mais ce dernier assure déjà un bel agrément car il ne manque pas de vigueur.
Ensuite, on n’est pas à bord d’une américaine, Lancia ayant raffermi les amortisseurs. Du coup, ce paquebot roulant reste majoritairement confortable, même s’ il efface moins bien quelques raccords de goudron. Surtout, il ne tangue pas et s’inscrit facilement en courbe.
Après, on connaît plus informatif question direction, plus réactif question boîte auto, sûrement plus dynamique aussi. Tandis que quelques détails d’assemblages, de qualité des matériaux pointent ici et là.
Et si la grille tarifaire semble déjà haut perchée, il faut se pencher sur l’interminable liste des équipements mis à disposition. Entrée et démarrage mains libres, colonne de direction et pédalier réglables électriquement, porte-gobelets chauffant et rafraîchissant, projecteurs bi-Xénon auto-adaptatifs, sièges en cuir chauffants même à l’arrière et électriques et ventilés à l’avant, caméra de recul, etc., sont de série. C’est l’Amérique jusqu’au volant chauffant. Le plus haut niveau de finition offrant double toit ouvrant panoramique, planche de bord parée de cuir, inserts en bois précieux, hi fi haut de gamme…
Un camouflet à la concurrence. À dotation équivalente, Volvo S80, Jaguar XF, Mercedes Classe E et consorts coûtent 4-5.000 € de plus voire 10 à 15.000 €.
Emmanuel Brun

Prix : à partir de 43.900 € (malus éco. de 1.100 €).
Moteur : 6 cylindres 24 S TD de 2.987 cm3. Puissance : 190 ch à 4.000 tr/min. 185 gr CO2/km. Consommation (constructeur) : urbain 9,5 l, extra-urbain 5,7 litres. Vitesse max. : 232 km/h. 0 à 100 km/h : 9,7 s. BVA5.
Pratique : Poids : 1.963 kg. Lxlxh (m) : 5,07x1,90x1,49. Coffre : 462 dm3.
Les + : Rapport prix/équipement flatteur, insonorisation de l’habitacle, moteur.
Les - : Boîte auto en retrait, visibilité arrière, abandon de la version break.
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