ESSAIS AUTOMOBILES

Jeep Grand Cherokee SRT8 6.4 V8 468 ch : c’est l’Amérique et même plus


Grosses, clinquantes mais en toc et pataudes les américaines ? Restylé, le Jeep Grand Cherokee ne peut cacher ses racines mais bouscule, fort de son exubérant V8, pas mal de clichés.
Le bouton de démarrage sans clé à peine pressé et le voilà qu’il ébroue, déjà, toute sa musculature dans un bref mais guttural rugissement. Pas de round d’observation avec ce Grand Cherokee SRT8 aux 468 chevaux. Le ramage est en adéquation avec le plumage. On évolue, effectivement, dans la catégorie des supers poids lourds au punch inépuisable du type Porsche Cayenne V8 ou BMW X5 M.
Son gabarit, hors normes, son malus, déraisonnable, ses 16-17 litres de moyenne, pas faciles à tenir, incitent, pourtant, à le laisser à distance respectable. Mais, même à 90 km/h, le Jeep entame son travail de sape. Régime moteur à 1.600 tours. Huitième et dernier rapport de la nouvelle boîte auto déjà enclenché sans que l’on ait ressenti quelque chose. Alors que le vrombissement du V8 100 % yankee se fait plus lointain, le confort est à l’ordre du jour. La finition se révèle plus qu’honnête pour une américaine. Et l’équipement offert s’avère pléthorique (caméra de recul, double toit en verre, système audio haut de gamme, GPS, sièges chauffants même à l’arrière et climatisés à l’avant, phares bi-Xénon actifs, régulateur de vitesse auto-adaptatif, etc.)
Un V8 magique
Face à ce bestiau de 2,4 tonnes qui ronronne, on n’imagine alors pas la volée de bois de vert qui nous attend. Accélérateur écrasé, le Grand Cherokee SRT8 vous pousse immédiatement dans les cordes, tombe quatre rapports d’un coup et tape les zones rouges les unes après les autres sans reprendre son souffle. C’est sûr, il travaille au corps. Le dos s’imprime dans les sièges en cuir très enveloppants. La nuque part, immanquablement, vers l’arrière. C’est un peu le déluge sous le son - rauque et magique - du V8 qui envahit l’immense habitacle.
Mode « Sport » (quatre autres réglages sont possibles) enclenché, cet énorme 4x4 frappe alors au cœur. On imaginait, pourtant, une fois l’étalage de puissance passé, pouvoir l’égratigner. Car en digne américain, on pensait avoir aussi affaire davantage à un Foreman de fin de carrière qu’à un Ali virevoltant. Comment peut-on être aussi haut, aussi gros et tenir ainsi le pavé ? Si ce Jeep n’est pas une sportive au ras du bitume, c’est toutefois un vrai athlète qui surprend également par son agilité. Craignant un peu plus les routes bosselées, il fait preuve d’un très bon jeu de jambes dans les enfilades de virages. Tout juste le train avant plonge-t-il un peu tandis que le freinage puissant à six pistons signé Brembo rassure.
Reste donc, finalement, à s’avouer vaincu. Car le Grand Cherokee SRT8 décoche un ultime uppercut : son prix. Sur le ring où il évolue, le Jeep est, au minimum, 40 % moins cher que la concurrence. Le KO est proche…
Emmanuel Brun

Prix : à partir de 81.200 € (malus éco. de 6.000 €).
Moteur : 8 cylindres 16 S essence de 6.417 cm3. Puissance : 468 ch. 327 gr CO2/km. Consommation (constructeur) : urbain 20,7 l, extra-urbain 10,1 l. Vitesse max. : 257 km/h. 0 à 100 km/h : 5 s. BVA8.
Pratique : Lxlxh (m) : 4,83x1,95x1,79. Coffre : 782 dm3. Poids : 2.418 kg.
Les + : V8 enthousiasmant, équipement ultra-complet, comportement général, habitabilité.
Les - : consommation, suspensions fermes sur routes bosselées.
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