ESSAIS AUTOMOBILES

Infiniti Q50 : la mire reste tout juste à ajuster


Difficile de tutoyer les indétrônables allemandes. Infiniti, présent sur le marché européen depuis seulement 2008, donne pourtant cette mission à sa nouvelle berline.
Surprendre, pour mieux se faire connaître. C’est ce que fait, d’emblée, cette Infiniti Q50. Par ses courbes savamment sculptées, cette concurrente des Audi A4, Mercedes Classe C et BMW Série 3 séduit.
La découverte de l’habitacle est dans la même veine. La différence de qualité de fabrication avec les premiums allemands n’étant pas abyssale, on goûte au design un peu original. Surtout, le regard est aimanté par l’imposante console centrale où trônent pas un mais deux larges écrans. Le premier, tout en haut, se réserve la carte du GPS. Le second, juste en dessous, s’apparente à une tablette tactile où les possibilités de réglages sont quasi infinies. À l’usage, l’avantage principal sera que la carte du GPS reste toujours visible, même lorsque l’on touche aux réglages de la radio, de la direction ou aux nombreuses aides électroniques à la conduite.
Cela permet de s’apercevoir, rapidement, que l’équipement à bord est riche (vue panoramique à 360° pour les manœuvres, régulateur de vitesse intelligent, aide au maintien dans sa voie de circulation, alerte de risque de collision avant et arrière, etc.). De quoi donner l’avantage, au chapitre budget, à cette Infiniti Q50 face aux allemandes.
Amortissement perfectible
Des gènes allemands, elle en a pourtant deux d’importance : le quatre-cylindres diesel de 170 chevaux à l’essai et la boîte automatique à sept rapports. Paternité ? Mercedes. Nous voilà donc en terrain connu. Sobriété du moteur (5,7 litres sur les grands axes, 7,3 litres en ville) rime, en effet, avec une certaine passivité de la boîte auto. Réussite signée Infiniti, la sonorité sans grâce de ce moteur est bien étouffée. En vitesse de croisière, au moins, il reste discret. Revers de la médaille, les longs trajets sont l’occasion de regretter que les bruits de roulement, eux, pénètrent plus facilement dans l’habitacle.
Un espace où l’habitabilité n’apparaît guère supérieure aux allemandes, pourtant plus courtes d’une quinzaine de centimètres. De même le coffre, généreux sur le papier, souffre de passages de roue trop proéminents dans la malle.
Originale, technologique (une inédite direction à commande 100 % électrique à 1.000 € est même disponible, une option qui n’équipait pas notre véhicule d’essai), bénéficiant d’un moteur coupleux, l’Infiniti Q50 n’a globalement pas trop à rougir face aux références allemandes. Mais elle ne les égale pas. La faute à un amortissement perfectible. Ferme à petite vitesse, il n’absorbe pas les raccords de goudron ou les petits reliefs, même sur autoroute. Sous-vireuse lorsqu’on la maltraite, cette propulsion ne se révèle pas aussi dynamique qu’une Série 3. Mais elle n’est pas pour autant pataude.
Emmanuel Brun

Prix : à partir de 36.990 € (bonus/malus éco. neutre).
Moteur : 4 cylindres 16 S TD de 2.143 cm3. Puissance : 170 ch. 124 gr CO2/km. Consommation (constructeur) : urbain 6 l, extra-urbain 4,1 l. Vitesse max. : 230 km/h. 0 à 100 km/h : 8,5 s. BVA7.
Pratique : Lxlxh (m) : 4,79x1,82x1,45. Coffre : 500 dm3. Poids : 1.744 kg.
Les + : ligne, rapport prix/équipement, comportement routier.
Les - : amortissement, insonorisation de l’habitacle, boîte auto assez lente.
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