ESSAIS AUTOMOBILES

Hyundai i30 : le plaisir de conduite est ailleurs


Elle flatte deux des cinq sens, se loupe sur l’ouïe et oublie un peu le goût. Voilà résumée la nouvelle berline compacte coréenne.
Elle n’en met pas plein la vue, mais elle séduit tout de même. Il faut dire qu’au regard de la précédente version de cette Hyundai i30, il n’y a pas photo. L’ancienne passait inaperçue, la nouvelle marie, avec réussite, rondeurs, lignes tendues et nervures. Sur les ailes franchement sculptées d’abord, de profil et sur le capot ensuite. Le lien de parenté avec la récente et grande i40 apparaît, du coup, évident.
À l’intérieur, les yeux sont un peu moins flattés. C’est plus classique. Et pour le toucher, on connaît un peu plus valorisant dans les solides concurrentes que sont les 308, Mégane et Golf. Moussés en haut, durs en bas, les plastiques sont quasiment tous habillés de noir. Mais le constructeur coréen n’a pas négligé « poches » et espaces de rangement. Enfin, le costume est taillé large, comme en atteste la très bonne habitabilité sur la banquette alors que le coffre reste généreux.
Un prix bien placé
Bien installé, notamment grâce à des sièges enveloppant le bas du dos, il est temps de découvrir la panoplie mise à disposition. Dans cette finition haute Premium à 25.700 € avec le 1,6 litre CRDi 128 chevaux, ça sent bon sur le suréquipement. GPS tactile et caméra de recul à droite, accès et démarrage mains libres en face, toit ouvrant panoramique en verre en haut, sellerie cuirtissu pour tous : cette i30, qui offre sept airbags, la clim’, le limiteur/régulateur de vitesse et une prise USB de série, en met plein les yeux.
Reste le goût et l’ouïe. Pour le premier, le quatrième constructeur mondial s’est manifestement cantonné à des saveurs très neutres. 308 et Focus maîtrisent nettement mieux la façon d’avaler avec gourmandise tous les virages venus.
Le train avant de cette i30 élargit la trajectoire lorsqu’on le sollicite durement. Ce que la direction n’incite pas à trop à faire, d’ailleurs, car peu communicante en sensations de route. Hyundai l’a bien dotée de trois réglages, mais on est proche du gadget. Si le mode qui accentue la démultiplication de la direction lors des manoeuvres en ville peut éventuellement être utile, le mode sport, lui, n’amène rien de plus précis.
128 chevaux au goût de pas assez
Avare en épices, l’i30 privilégie manifestement les douceurs. Le confort d’amortissement figure ainsi dans la bonne moyenne. Policée, cette adepte des rythmes tranquilles aurait dû mieux étouffer les râles de son turbo diesel. À la relance, il s’époumone trop… sans être réellement convaincant. En parcours mixte, 6,1 litres de moyenne ont été relevés. Mais le plus gênant est que l’on reste un peu sur sa faim en se demandant si les 128 chevaux sont bien toutes à disposition.
Face à ces relances quelconques, on imagine facilement que le CRDi 110 chevaux, disponible à partir de 20.700 €, est à privilégier. D’autant que lui bénéficie d’un Stop and Start. Reste que chez les berlines compactes, cette coréenne copieusement équipée est bien placée en prix, entre une Focus et des françaises et allemandes plus chères.
Emmanuel Brun

Prix : à partir de 25.700 € (bonus éco. neutre).
Moteur : 4 cylindres 16 S TD de 1.582 cm3. Puissance : 128 ch à 4.000 tr/min. 114 gr CO2/km. Consommation (constructeur) : urbain 5,2 l, extra-urbain 3,8 litres. Vitesse max. : 197 km/h. 0 à 100 km/h : 10,9 s. Boîte de vitesses manuelle à 6 rapports.
Pratique : Lxlxh (m) : 4,30x1,78x1,47. Coffre : 378 à 1.316 dm3. Poids : 1.290 kg.
Les + : Équipement, habitabilité, amortissement.
Les - : Diesel sonore et manquant de punch, plaisir de conduite limité.
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