ESSAIS AUTOMOBILES

Fiat Panda 4x4 : souris des villes, souris des montagnes


Fidèle à la tradition, le constructeur italien décline sa mini-citadine en version 4x4. Contre 2.500 € supplémentaires par rapport à la version classique, on s’offre une véritable baroudeuse.
Acte I, Scène I, La démonstration. À peine quelques chemins creux et boueux avalés en guise de répétitions que notre Panda 4x4 fait une entrée fracassante sur la scène. La voilà, déjà, une patte en l’air, franchement inclinée sur la droite, entre deux belles bosses recouvertes de neige. La roue arrière gauche soulevée d’une dizaine de centimètres par rapport au sol, la petite Fiat décline pourtant son texte sans aucune hésitation. La diction est parfaite, l’évolution sans faille. Roues droites, légère pression sur l’accélérateur et cette première saignée, pourtant assez profonde, est son premier fait d’armes. Maîtrisant son électronique sur le bout des doigts, la mini-citadine s’est jouée du piège, là où quelques SUV compacts si tendances auraient déjà commencé à bégayer.
Le jeu de cette troisième génération d’un modèle lancé en 1983 est, en effet, complet. Garde au sol surélevée de 5 centimètres par rapport à la version des villes, nouvelle transmission quatre roues motrices gérée de façon complètement transparente, l’italienne peut se mesurer à des pentes de 70 %, supporter des dévers de 55 %. Grâce à son blocage électronique du différentiel, le couple est envoyé - en un dixième de seconde - sur le train avant ou arrière, où il y a le plus d’adhérence à la chaussée. Bref, celle qui roule au quotidien en deux motrices se transforme instantanément en 4x4 affûté lorsque le terrain devient plus accidenté ou glissant.
Un moteur bruyant
Acte II, Scène III, La confirmation. Direction le col de la Schlucht, un des principaux sommets du massif des Vosges. Petit passage en ville, quelques kilomètres sur autoroute et voilà notre actrice principale, 6,6 litres de moyenne à l’ordinateur de bord, au pied du col. À vitesse élevée, la Panda 4x4, testée avec le turbo diesel MultiJet de 75 chevaux, a surtout déçu par sa voix un peu trop rocailleuse et surtout trop présente dans l’habitacle. Et si Fiat assure avoir nettement diminué les vibrations, on en ressent encore quelques-unes dans le siège. Pour le reste, on retrouve les points forts et les points faibles de la version classique deux roues motrices. Le design intérieur, des boutons de climatisation jusqu’au levier de vitesse, abuse des formes carrées aux angles arrondis. Les quatorze espaces de rangement sont toujours aussi pratiques. L’habitacle lumineux, l’habitabilité intéressante voire les teintes bi-ton de la planche de bord aux contre-portes de série dès le deuxième niveau de finition aident à fermer les yeux sur les plastiques durs largement majoritaires.
Pour cette ascension, le décor de la pièce est soigné : sapins majestueux habillés de blanc et, surtout, des lacets recouverts d’une bonne épaisseur de neige, sûrement 10 centimètres par endroits. Tout en maîtrise, la Panda 4x4 atteint les 1.139 mètres d’altitude avec aisance. Fonction ELD enclenchée via le petit bouton implanté devant le levier de vitesse, il aura même été compliqué de la mettre volontairement en glisse dans les virages, l’électronique veillant au grain.
Alors que dire à l’heure de la chute ? Cette Fiat Panda 4x4, c’est une citadine unique en son genre sur le marché ! C’est une baroudeuse ! C’est une montagnarde ! Que dis-je, c’est une montagnarde ? C’est un vrai 4x4 !
Emmanuel Brun

Prix : à partir de 13.140 € (bonus/malus éco. neutre).
Moteur : 4 cylindres 16 S TD de 1.248 cm3. Puissance : 75 ch. 125 gr CO2/km. Consommation (constructeur) : urbain 5 l, extra-urbain 4,6 l. Vitesse max. : 159 km/h. 0 à 100 km/h : 14,5 s. Boîte de vitesses manuelle à 5 rapports.
Pratique : Lxlxh (m) : 3,69x1,67x1,61. Coffre : 225 dm3. Poids : 1.115 kg.
Les + : Capacités en tout-terrain, nombreux aspects pratiques, habitacle lumineux.
Les - : Moteur bruyant, traitement de l’habitacle, consommation moyenne.
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