ESSAIS AUTOMOBILES

Audi A4 Avant : un break tiré à quatre épingles


Le nouveau regard de la berline allemande inspiré de la grande A6 n’est que l’emballage. Le vrai cadeau se trouve sous le capot avec, notamment, un bloc essence de 170 chevaux vigoureux et sobre.
Une quinzaine de kilomètres de départementales croqués avec gourmandise et sans retenue comme entrée. Une soixantaine de kilomètres de nationales et autant d’autoroute en guise de plat de résistance. Et pour, finir, un désert un peu lourd d’une vingtaine de kilomètres bouchonnés pour gagner le centre de Paris. Avec 170 « canassons » gavés à l’essence à nourrir, on craint alors une note assez salée. Verdict à l’ordinateur de bord : 8,1 litres.
4.000 € de moins sur la balance
Une moyenne plus qu’honorable digne de faire figurer cette Audi A4 Avant dans le guide des meilleures adresses de l’année. Car au moment de desserrer la ceinture, les convives seront repus. Le conducteur le premier. Dans un marché ultra-diésélisé où l’huile lourde règne en maître sur les régimes minceur, on en oublierait presque le plaisir d’un bloc essence. Absence de vibrations, silence de fonctionnement et plage d’utilisation plus généreuse sont les premières notes qui font saliver.
Mais lorsque l’on parle du nouveau 1,8 litre essence à double injection étrenné sur l’A5, la dégustation est nettement plus longue en bouche. En guise de fruits rouges, on apprécie sans modération le couple important disponible très tôt (320 Nm dès 1.400 tours) digne d’un… gros diesel. Et, cerise sur le gâteau, l’appétit de ce moteur, doté désormais d’un Stop and Start de série comme sur toute la gamme A4, reste bien maîtrisé. Sans oublier qu’il se négocie 4.000 € moins cher qu’un 2 litres turbo diesel 177 chevaux.
Le plaisir de l’essence avec un couple de gros diesel
Même s’il reste assez linéaire dans les montées en régime, ce quatre-cylindres se révèle vite attachant. Il offre une souplesse d'utilisation appréciable et, surtout, confère à ce break bourgeois un tempérament dynamique que le châssis supporte sans peine, même dans cette version break vendue 1.350 € plus chère que la berline. Malgré sa vocation familiale, le plaisir de conduite est donc au rendez-vous, d’autant que l’amortissement n’est pas si ferme que cela, que la direction reste précise et que l’habitacle est bien insonorisé.
Le seul grief concerne finalement les rapports de boîte très longs qui peuvent parfois être gênants en ville. Mais le levier de vitesse, bien verrouillé, est agréable à manipuler.
Après, cette A4 restylée évolue finement. Sa face avant, avec sa calandre biseautée, rappelle l’A6. Dans le détail, son bagage technologique s’enrichit… via les options. Pour le reste, l’habitabilité arrière souffre un peu de l’important tunnel de servitude et son coffre reste dans la moyenne. Son habitacle, enfin, est toujours digne d’un trois étoiles, comme son prix, mais la concurrence allemande est encore moins abordable.
Emmanuel Brun

Prix : à partir de 30.950 € (malus éco. 200 €).
Moteur : 4 cylindres 16 S turbo essence de 1.798 cm3. Puissance : 170 ch à 3.700 tr/min. 141 gr CO2/km. Consommation (constatée) : urbain 8,6 l, extra-urbain 6,8 litres. Vitesse max. : 222 km/h. 0 à 100 km/h : 8,3 s. Boîte de vitesses manuelle à 6 rapports.
Pratique : Lxlxh (m) : 4,70x1,83x1,44. Coffre : 490 à 1.430 dm3. Poids : 1.490 kg.
Les + : Moteur convaincant, plaisir de conduite, qualité de la finition.
Les - : Rapports de boîte très longs, restylage minimaliste à l’extérieur.
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